FREELANCE

L’indépendance ne remet pas les compteurs à zéro.

Revenus, missions, négociation, réseaux : changer de statut ne rend pas le marché égalitaire.

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Femmes freelances : pourquoi les écarts de revenus persistent-ils ?

Quitter le salariat change beaucoup de choses : le rapport au temps, aux clients, au choix des missions, parfois au sens du travail. Cela ne rend pas pour autant le marché neutre. Les écarts économiques entre femmes et hommes peuvent continuer à se loger dans le tarif, la régularité des missions, leur niveau stratégique, les réseaux de recommandation et la capacité à négocier sans repartir de zéro à chaque fois.

Les écarts ne disparaissent pas avec le statut

Selon l’Insee, en 2021, les femmes non salariées classiques percevaient en moyenne 3 510 euros par mois, contre 4 350 euros pour les hommes, soit 19 % de moins. Chez les micro-entrepreneurs, le revenu mensuel moyen des femmes était également inférieur à celui des hommes. Ces données concernent l’ensemble des non-salariés ; elles ne permettent pas d’affirmer qu’une consultante senior gagne exactement 19 % de moins qu’un consultant senior. Elles montrent en revanche une chose utile : l’indépendance ne suffit pas, à elle seule, à remettre les compteurs à zéro.

Moins bien payée ne veut pas dire seulement “TJM plus bas”

Le revenu d’une indépendante dépend du prix facturé, mais aussi du nombre de jours réellement vendus, de la durée des

intermissions, de la nature des briefs reçus et de la fréquence à laquelle son nom arrive spontanément dans une conversation de décideurs. Une mission stratégique de six mois ne pèse pas comme trois petites missions morcelées. Être recommandée sur un sujet visible ne produit pas les mêmes effets que rester cantonnée à l’exécution.

Les entreprises ont un levier très concret

Il ne s’agit pas de transformer chaque achat en manifeste. Il s’agit de regarder qui accède aux briefs, qui est présent dans les viviers, qui reçoit les missions à forte valeur, quels budgets sont réellement confiés et comment les prestataires entrent dans le cercle des personnes que l’on rappelle. La diversité se joue aussi là : dans les opportunités économiques.

Le collectif peut changer le terrain de jeu

Un réseau ne corrige pas les inégalités par magie. Il peut en revanche créer des effets très concrets : comparer les pratiques tarifaires, mieux formuler son expertise, se former plus vite, être recommandée, trouver une complémentarité pour répondre à un projet plus ambitieux et accéder à des entreprises que l’on n’aurait pas rencontrées seule.

Pourquoi Drôles de Dames part de ce sujet

Drôles de Dames n’est pas née de l’idée que les femmes auraient besoin d’être protégées. Le point de départ est économique : si l’accès aux missions, aux budgets et aux réseaux n’est pas encore parfaitement équilibré, il existe un espace pour agir concrètement. Sélectionner des expertes, les rendre visibles, les former, les recommander et les faire travailler ensemble : c’est là que Drôles de Dames veut être utile.

Questions fréquentes

Les femmes freelances gagnent-elles moins que les hommes ?

Les données Insee disponibles sur l’ensemble des non-salariés montrent des écarts de revenus persistants. Elles ne permettent pas d’isoler précisément le seul marché des consultantes freelances.

Une entreprise doit-elle choisir une femme au détriment de la compétence ?

Non. L’enjeu est d’élargir l’accès aux opportunités tout en conservant des critères exigeants d’expertise, de fiabilité et de

capacité à livrer.

Que peut changer un réseau professionnel ?

Il peut agir sur la visibilité, la recommandation, la formation, la coopération et l’accès à des briefs auxquels une indépendante n’aurait pas accédé seule.

Source statistique : Insee « En 2021, les revenus d’activité des non-salariés rebondissent », données 2021, publication

15/11/2023. https://www.insee.fr/fr/statistiques/7651812?sommaire=7676376